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Comment Calculer des Charges Locatives : Guide Complet pour Bailleurs

Julien novembre 9, 2025 9 min de lecture

Vous êtes propriétaire et le calcul des charges locatives vous semble compliqué ? Vous voulez savoir comment faire ça dans les règles, sans perdre d’argent ni vous disputer avec votre locataire ? Comment être sûr de ce que vous pouvez récupérer ?

Ce guide vous explique tout simplement. On va voir la liste exacte des charges que vous pouvez récupérer, les deux méthodes de calcul, et comment faire la régularisation annuelle sans erreur. Vous saurez exactement comment calculer et justifier vos charges locatives.

La Liste Complète des Charges Locatives Récupérables

Avant de calculer quoi que ce soit, il faut savoir ce que vous avez le droit de demander à votre locataire. Tout n’est pas récupérable. La loi est très claire et la liste est fixée par le décret n°87-713 du 26 août 1987. Si une dépense n’est pas dans cette liste, vous ne pouvez pas la réclamer.

Voici un tableau qui résume les principales dépenses que vous pouvez, ou non, récupérer.

Catégorie Dépense Spécifique Récupérable ?
Ascenseur & Monte-charge Électricité, exploitation, petites réparations Oui
Eau & Chauffage Collectif Consommation d’eau froide et chaude, entretien chaudière Oui
Parties Communes Intérieures Électricité, frais de ménage, produits d’entretien Oui
Espaces Extérieurs Entretien des espaces verts, aires de jeux, voies de circulation Oui
Taxes & Redevances Taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM), taxe de balayage Oui
Personnel d’Immeuble Salaire du gardien ou concierge (à 75% si tâches multiples) Partiel
Gros Travaux Ravalement de façade, remplacement de la chaudière Non
Frais de Syndic Honoraires de gestion de la copropriété Non
Détecteurs de fumée Achat et installation initiale Non

Comment Calculer les Charges : 2 Méthodes Expliquées

Une fois que vous savez quelles charges sont récupérables, vous devez choisir une méthode de calcul. Il en existe deux, qui ne s’appliquent pas aux mêmes types de location.

Méthode 1 : La Provision sur Charges (Régime au Réel)

C’est la méthode la plus courante, surtout pour les locations vides. Le principe est simple : vous demandez au locataire de payer une avance chaque mois, appelée provision sur charges. Cette avance est une estimation.

Pour la calculer, vous vous basez généralement sur les dépenses réelles de l’année précédente. Vous pouvez aussi utiliser le budget prévisionnel de la copropriété. Le montant total est ensuite divisé par 12 pour obtenir la provision mensuelle.

Exemple de calcul de la provision :

  • Total des charges récupérables de l’année N-1 : 1 200 €
  • Provision mensuelle pour l’année N : 1 200 € / 12 mois = 100 € par mois

Votre locataire paiera donc son loyer + 100 € de provision sur charges chaque mois.

Avec cette méthode, vous avez l’obligation de faire une régularisation annuelle, au moins une fois par an. On voit ça juste après.

Méthode 2 : Le Forfait de Charges (Locations Meublées)

Cette méthode est principalement utilisée pour les locations meublées et les bails mobilité. Le principe est différent : vous définissez un montant fixe dans le bail, qui ne changera pas.

L’avantage, c’est que c’est simple. Il n’y a aucune régularisation à faire. Le locataire paie le même montant de charges tous les mois, et c’est tout. Le montant du forfait doit être raisonnable et ne pas être ‘manifestement disproportionné’ par rapport aux dépenses réelles.

Attention au calcul du forfait : Si vous sous-estimez le forfait, vous ne pourrez pas demander de complément au locataire. Si les dépenses réelles sont plus élevées que prévu, la différence est une perte pour vous. À l’inverse, si le forfait est plus élevé que les dépenses, le locataire ne peut pas demander de remboursement.

L’Étape Cruciale : Réaliser la Régularisation Annuelle

Si vous avez opté pour la provision sur charges, la régularisation est une étape obligatoire. Elle consiste à comparer le total des provisions versées par le locataire pendant un an avec le montant exact des dépenses que vous avez réellement payées sur la même période.

Vous devez faire cette régularisation au moins une fois par an. Pour cela, vous devez envoyer au locataire le décompte des charges par nature (eau, électricité, entretien…). Ce document détaille chaque poste de dépense. Vous devez l’envoyer un mois avant la régularisation effective.

Pendant les 6 mois qui suivent l’envoi du décompte, vous devez tenir les pièces justificatives (factures, relevés du syndic) à la disposition de votre locataire.

Deux situations sont alors possibles :

  • Les dépenses réelles sont supérieures aux provisions : le locataire doit vous verser la différence (un complément de charges).
  • Les dépenses réelles sont inférieures aux provisions : vous devez rembourser le trop-perçu au locataire.

Exemple de calcul de la régularisation :

  • Total des provisions versées par le locataire sur un an : 12 mois x 100 € = 1 200 €
  • Total des dépenses réelles récupérables : 1 350 €
  • Calcul du solde : 1 350 € – 1 200 € = +150 €

Dans ce cas, le locataire vous doit un complément de 150 €. Si les dépenses réelles avaient été de 1 100 €, vous auriez dû lui rembourser 100 €.

Les 3 Erreurs à Ne Surtout Pas Commettre

Le calcul des charges est encadré par la loi. Faire des erreurs peut entraîner des litiges avec votre locataire. Voici les pièges à éviter.

  • Inclure des charges qui ne sont pas récupérables : C’est l’erreur la plus fréquente. Les frais de syndic, les grosses réparations ou les impôts fonciers ne sont jamais à la charge du locataire. Tenez-vous-en à la liste du décret.
  • Oublier de faire la régularisation annuelle : Si vous êtes au régime réel, c’est une obligation. Si vous oubliez, le locataire peut vous mettre en demeure de la faire. Vous risquez aussi de perdre de l’argent si les charges ont augmenté.
  • Manquer de transparence avec le locataire : Vous devez être capable de justifier chaque euro demandé. Conservez toutes les factures et le décompte du syndic. Un locataire est en droit de vous demander les justificatifs.

FAQ – Questions Fréquentes sur le Calcul des Charges

Voici des réponses aux questions que beaucoup de propriétaires se posent.

Quel est le délai de prescription pour réclamer les charges ?

Vous avez 3 ans pour réclamer un impayé de charges ou pour effectuer une régularisation que vous auriez oubliée. Ce délai de 3 ans s’applique aussi au locataire s’il estime avoir payé trop de charges et veut demander un remboursement.

Comment faire si le locataire part en cours d’année ?

Vous ne pouvez pas faire la régularisation finale le jour de son départ, car vous n’avez pas encore le décompte annuel de la copropriété. Vous avez donc le droit de conserver jusqu’à 20% du dépôt de garantie en attendant de pouvoir faire le calcul final. Une fois le décompte reçu, vous faites la régularisation et vous restituez le solde du dépôt de garantie au locataire.

Quelles sont les charges les plus courantes qui ne sont PAS récupérables ?

Pour faire simple, retenez que le locataire paie pour l’usage et l’entretien courant de l’immeuble. Le propriétaire paie pour tout ce qui concerne la structure et la valeur du bien. Les charges non récupérables les plus courantes sont :

  • Les honoraires du syndic de copropriété
  • Les gros travaux (ravalement, toiture, remplacement de chaudière)
  • L’assurance propriétaire non-occupant (PNO)
  • La taxe foncière (sauf la part ‘ordures ménagères’)

Calculer les charges locatives demande de la rigueur, mais ce n’est pas si compliqué si on suit les étapes. Il suffit de bien identifier les dépenses récupérables, de choisir la bonne méthode et d’être transparent lors de la régularisation.

En étant clair et organisé, vous maintenez une bonne relation avec votre locataire et vous sécurisez votre investissement locatif.

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